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Ar bajenn-mañ n’he deus ket ezhomm da vezañ adlennet.
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LA MORT DE PONTCALLEC


III


23. — Le premier qui mit la main sur lui fut le grand dragon de Guémené.

24. — « Bonjour à vous, marquis de Pontcallec, il y a bien longtemps que nous désirions vous trouver.

25. — « A l’instant même, seigneur marquis, vous allez nous suivre à Paris. »

26. — « Avant de quitter le pays, je voudrais encore revoir une fois mon manoir,

27. — « Pour changer d’habits, et prendre ma ceinture toute pleine d'argent,

28. — « Pour échanger mon petit chapeau de paille, et mettre mon manteau de velours,

29. — « Pour prendre mes souliers neufs, et mon petit cheval de trot. »

30. — « Vous ne reverrez plus votre manoir, et sur-le-champ, vous allez nous suivre.

31. — « Laissez là tous vos biens ; vous n’en aurez plus besoin. »


IV


32. — Un cri de douleur se fit entendre de tous côtés, quand le marquis quitta le pays.

33. — De toutes parts on accourait pour le voir encore une fois.

34. — Chacun lui disait avec douleur et pitié.

35. — « Au revoir, seigneur marquis, peut-être reviendrez-vous encore »

36. — « Je reviendrai, si c’est la volonté de Dieu ; priez pour moi, mes enfants. »

37. — Quand il arriva à Nantes, il fut jeté en prison ;